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L’organisation des centres de santé au Mexique

Les centres de santé dans les institutions mexicaines

L’État du Mexique compte environ 1500 centres de santé répartis sur l’ensemble de son territoire. Différents types de centres de santé existent (urbain/rural), avec différents niveaux selon leur spécialisation. On retrouve essentiellement des centres ruraux de niveau 1 dans le Nevado, qui permettent un accès aux soins de base.
Les centres de santé dépendent de l’Institut de santé de l’État du Mexique (ISEM), structure fédérale. C’est le Secrétariat de Santé qui impose les programmes et actions à suivre à tous les centres. Ces derniers sont donc coordonnés. L’échange d’informations a quant à lui lieu à une échelle plus grande. Chaque semaine, les centres de santé doivent reporter leurs chiffres à la juridiction de régulation sanitaire grâce à un cahier de contrôle où sont inscrits l’âge, le sexe, la localité et la cause de la consultation de chaque patient.

Fonctionnement d’un centre de santé à l’échelle locale

Chaque centre de santé a un ou plusieurs médecins et infirmières. Un certain nombre d’entre eux sont des « pasantes », c’est-à-dire qu’ils ne sont pas encore des médecins titulaires. Ils restent sur place un an, le temps du service national. Le personnel médical a plusieurs tâches : recevoir le public pour des consultations, distribuer les médicaments commandés auprès de la société GNK chaque mois, suivre les programmes de sensibilisation et de prévention imposés par l’échelon fédéral.
Ces programmes sont multiples. On pourrait croire que chaque semaine de l’année a une maladie qui lui est attribuée. Prévention contre la dengue, le cancer, le choléra ; campagnes contre la cigarette, le diabète, la violence conjugale ; semaine nationale des adolescents, de « l’enfant sain »... Chaque centre de santé doit mettre en œuvre ces programmes dans sa communauté, à l’aide de réunions thématiques avec exercices pratiques, de prospectus, d’affiches. Reste à savoir si la population ne se sent pas envahie par tant d’informations, quitte à ne plus les prendre en compte.

Le seguro popular : un idéal social confronté à une réalité abrupte

Pour une égalité dans l’accès aux soins...

Le Seguro popular est un programme étatique qui offre une protection sociale gratuite aux personnes qui n’en ont pas. Il prône l’accès à la santé pour tous, même et surtout les plus pauvres. Lors de sa création en 2003, près de 60 % de la population n’avait pas de sécurité sociale. La majorité de celle-ci vivait en zone rurale. Le Nevado est donc particulièrement touché par cette réforme. Un exemple représentatif : le centre de santé de Loma Alta, où 98 % des patients ont le Seguro popular.
Pour en être bénéficiaire, il suffit de s’affilier dans une structure qui y est rattachée. Les centres de santé le sont. L’adhésion au Seguro popular permet d’avoir des consultations moins chères, voire gratuites, comme c’est le cas à Loma Alta où les non affiliés payent 30 pesos. Il en va de même pour les médicaments.

… vers un dysfonctionnement des infrastructures sanitaires et la montée en puissance du privé

La réforme du Seguro popular n’a pas été suivie de la création d’infrastructures spécialement dédiées à ce dernier. Cela a des conséquences négatives sur l’organisation des systèmes de santé. Les aires rurales manquent toujours d’infrastructures de soins. Celles qui existent sont saturées, entraînant une baisse de la qualité des services. D’autres infrastructures ont quant à elles décidé de ne pas recevoir les personnes détenant le Seguro popular, comme l’hôpital Sagrado Coraçao de Tenango.
Cette détérioration s’accompagne d’une multiplication des cabinets et pharmacies privés. Certes, il faut payer, mais on n’attend plus. Les pharmacies privées vendent les médicaments qu’on ne trouve pas dans les centres de santé.
Doit-on voir alors une différence dans la qualité des soins entre public et privé, mais aussi entre Seguro popular et Seguro social ? Le personnel des centres de santé du Nevado dit que non, mais leur parole reste subjective. Les médecins du privé, parce qu’ils sont mieux payés, sont souvent plus investis dans leur tâche. Une étude plus poussée serait intéressante à mener.
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