Ecole normale supérieure de Lyon
Atlas Nevado de Toluca

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Le retour de M., inhérent au principe de la migration

Partir et revenir pour la famille

Si M. est revenue au Mexique, c’est avant tout pour ses enfants, laissés à sa belle-sœur. L’un d’eux est tombé malade. Les économies amassées suffisaient à la construction de la maison. Cette dernière n’est finalement pas aussi grande qu’avait pu l’espérer M. car une partie des fonds a dû être utilisée pour soigner son fils atteint d’une maladie neurologique. Le profil de la femme migrante reste attaché à la structure familiale, même si sa migration la bouleverse et la réorganise également, bien plus que celle de l’homme.
Malgré l’enfer que M. a pu vivre, elle retournerait sans hésiter aux États-Unis si elle le devait. « Les Mexicains n’ont pas peur » et ils ont besoin d’argent pour améliorer leurs conditions de vie dans le Nevado. Il s’agit de partir, mais seulement pour mieux revenir dans la communauté d’origine.

La migration Mexique/États-Unis/Mexique comme logique de développement local

Le Mexique est le troisième pays au monde pour la rentrée des « remesas ». Bien que la majorité des sommes reçues par les familles restées sur place soit utilisée de suite pour l’alimentation et non pour l’épargne, elle reste un facteur de dynamisme pour la communauté. Le parcours personnel de M. en est un très bon exemple.
Les autorités publiques l’ont également bien compris, et les réformes valorisant l’économie liée à la migration se sont accrues. Pensons au « Programme 3x1 pour les migrants » : pour chaque peso envoyé par un migrant, les gouvernements fédéral, étatique et municipal en offrent chacun un. Ou citons encore le « Programme de fonds d’investissement de migrants » qui permet à ces derniers d’acquérir une franchise à son retour pour vendre des produits ou des services dans son lieu d’origine. Pour autant, ces mesures sont appliquées de manière hétérogène sur l’ensemble du territoire mexicain. Aucun des habitants interrogés dans le Nevado ne nous en a parlé. Seul Coatepec Harinas semble être une exception, avec plus de 15 % de la population du municipe qui a participé au programme 3x1 sur la période 2002-2006 d’une manière constante.


Les « remesas » au Mexique en 2010, quelle réalité ?
Le Mexique est le 3e pays au monde pour la réception de « remesas ». Mais des différences existent sur le territoire, certains lieux étant plus touchés que d’autres : la bande centrale ressort sur la carte et correspond à des zones montagneuses défavorisées. Peut-être que la pauvreté pousse les Mexicains à aller aux États-Unis afin d’envoyer de l’argent à leurs familles pour qu’elles subviennent à leurs besoins.
Le Nevado semble peu concerné par les « remesas », bien qu’une dichotomie entre la zone nord et la zone sud soit remarquable. L’aire protégée du Nevado est hétérogène. Pour quelles raisons ? L’influence de Toluca fait-elle baisser le taux de « remesas » dans le nord en captant les travailleurs qui, de fait, ne vont pas aux États-Unis ? Une étude est nécessaire pour répondre de manière pertinente.

Et ceux qui restent ?

Parmi les habitants que nous avons rencontrés, nombreux sont ceux à avoir dû dire au revoir à des amis ou membres de leur famille partis gagner leur vie aux États-Unis. Mais qu’en est-il pour ceux qui restent dans le parc ? Du départ de leurs proches s’ensuit une véritable restructuration de la structure familiale. Demeurant chez eux par nécessité ou par choix, ils représentent la grande majorité des habitants du Nevado. Bien qu’elles se traduisent à plus grande échelle, ils sont eux aussi soumis à des mobilités, tirant profit de la proximité avec les grandes villes voisines ou se contentant de déplacements de proximité.
En étudiant les pratiques de mobilité de cinq habitants rencontrés dans le parc du Nevado, on peut voir que si certains ont la possibilité de travailler sur leur lieu de résidence (travaux agricoles en général), d’autres doivent parcourir de longues distances afin de pouvoir gagner leur vie, en se rendant dans d’autres municipes, voire en allant travailler occasionnellement dans les grandes villes voisines (Mexico, Toluca). Il arrive aussi que des habitants de Toluca viennent travailler dans le parc, pour répondre à une demande d’emplois qualifiés (dans le secteur de la santé par exemple, lien hypertexte vers la planche Santé). Mais quand il ne s’agit pas d’emploi, la proximité avec Toluca n’incite pas forcément les habitants à s’y rendre : certains n’y vont que de manière occasionnelle pour faire des achats, d’autres se contentent de rester à l’intérieur ou à proximité du parc. Les mobilités se font principalement intra-parc.

Différentes raisons qui poussent les habitants à rester dans le Nevado

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