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Beauté des fleurs mais lourdes conséquences environnementales

Les fleurs produites dans la région de villa Guerrero sont très belles et d’une grande diversité. Et d’une manière générale, elles ont pour le public une symbolique très positive. Outre leur beauté et leur parfum, elles évoquent souvent la pureté, la fraîcheur, l’innocence. Dans le langage des fleurs, chaque fleur exprime un sentiment positif. Les fleurs blanches symbolisent la pureté et la virginité, l’innocence, la naïveté et la joie ; mais aussi le raffinement et l’élégance. Les fleurs jaunes symbolisent le luxe, la gloire, le succès et la prospérité. Les fleurs orange sont associées à la joie, la gaieté, la beauté, la grandeur, l’équilibre de l’esprit et des sens. Les fleurs roses sont le symbole de la jeunesse, de la douceur et de l’affection.
Qui croirait alors que les très belles fleurs produites dans la région de Villa Guerrero sont lourdes de conséquences environnementales ? Car pour fournir au consommateur des fleurs parfaites, les producteurs utilisent de grandes quantités de pesticides. Le nombre de produits phytosanitaires utilisés dans la zone est impressionnant (112), de toutes sortes de dangerosité même si prédominent les étiquettes jaunes, c’est-à-dire moyennement dangereux. La base chimique de ces produits comporte 49 principes actifs, les plus fréquents étant les organophosphorés et les carbamatos. Mancozeb, Carbofuran, Metamidofos, Malation y Clorotalonil sont les produits les plus utilisés.
Des produits de ce type sont considérés comme « sales » (Tableau) dans cette zone, soit du fait de leur toxicité (étiquette rouge) soit du fait des volumes importants utilisés (étiquettes jaunes, bleues ou vertes). 
Lors d’une analyse sur les pollutions chimiques menée en 2008 dans un des bassins versants de la zone, le Malathion, un organophosphoré, a été identifié dans tous les points échantillonnés, que ce soit dans les eaux ou dans les sédiments. La présence de carbofuran (un carbamate utilisé comme insecticide) et de difénoconazole (un triazole utilisé comme fongicide) a aussi été détectée dans le lait de vache (les talles des fleurs servant souvent d’aliments pour les vaches).
Ces substances vont non seulement dans les eaux, les sols et les résidus végétaux, mais elles s’évaporent et sont ainsi inhalées par les personnes qui travaillent sur ces exploitations ou qui vivent à proximité.
Quelles que soient les modalités de ces contaminations, il y a là un problème de santé qui se joue. Et ce problème va en s’amplifiant du fait de l’extension des surfaces consacrée à la floriculture, mais aussi de la résistance naturelle que développent les insectes aux produits utilisés. Là où avant il fallait 100 ml d’insecticide pour 200 ml d’eau, il en faut maintenant parfois 800 ml pour 200 ml d’eau (Agustín Robles Bermúdez).
Enfin, cette étude sur les pollutions chimiques dans la zone a mis en évidence la présence de phtalates en grande quantité. Ces produits sont des plastifiants des matières plastiques utilisées par la floriculture. Et les quantités de plastiques utilisées, que ce soit pour couvrir les sols ou pour les tunnels plastiques, sont énormes. Les résidus de ces plastiques s’accumulent soit en bordure des exploitations floricoles soit dans des décharges à ciel ouvert.

Des roses de toutes les couleurs sur le marché de Villa Guerrero

Le Cascade 100D : un insecticide à base de flufénoxuron - étiquette rouge

Un produit fongicide systémique à base de Thiophanate méthyl - étiquette rouge

Décharge de résidus plastiques

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